L’arc narratif de personnage, qu’est-ce que c’est ?

arc narratif d'un personnage illustration

On ne le répétera jamais assez : les personnages sont la pierre angulaire d’un roman ! Comme dans un film ou une pièce de théâtre, sans acteurs crédibles pour porter votre intrigue, celle-ci paraîtra fade et ennuyeuse ! L’arc narratif d’un personnage est un outil puissant, au même titre que les archétypes ou les motivations. Au cours de l’écriture, malgré tous vos efforts, il peut arriver de constater que vos personnages sonnent creux. C’est peut-être parce que leurs arcs narratifs ne sont pas suffisamment développés ! Il est temps de remédier à cela et de tout comprendre sur ce concept !

Qu'est-ce qu'un arc narratif de personnage ?

Alors que les deux outils précédents se concentraient sur la personnalité de vos personnages, l’arc narratif va, lui, plutôt se focaliser sur leur évolution. En un sens, il est plus important encore de le soigner car c’est le changement qui intéresse les lecteurs. Les épreuves traversées par vos personnages vont apprendre des leçons à vos personnages. Et ces fameuses leçons vont transformer en profondeur votre personnage, en bien ou en mal. Ces changements, tant moraux que émotionnels ou psychologiques, portent donc l’appellation d’arc narratif. Il répond à la question : qu’était votre personnage avant et qu’est il devenu ?

Cette évolution va le plus souvent s’articuler avec les événements de l’histoire. Votre intrigue et vos personnages travaillent toujours main dans la main ! Les personnages influent sur l’intrigue et celle-ci forge vos personnages ! L’arc narratif est un excellent moyen de joindre les deux bouts !

Pourquoi soigner les arcs narratifs ?

L’arc narratif d’un personnage a tout intérêt à être considéré et travaillé car il possède de nombreux bénéfices :

  1. Comme les motivations, un arc bien construit va apporter de la profondeur à votre personnage. Son évolution au fil de l’intrigue est l’un des principaux points d’accroche pour le lecteur qui se demande alors comment va-t-il changer.
  2. Un arc narratif bien construit est générateur de conflit interne et de tension dramatique. Le personnage lutte pour apprendre une leçon essentielle et le lecteur voudra savoir s’il réussit ou échoue. De plus, ce changement peut être influé par les autres arcs narratifs, par exemple avec deux personnages similaires mais dont l’un a évolué négativement et l’autre positivement. Cela permet d’ouvrir des possibilités et d’impliquer le lecteur émotionnellement.
  3. Cela facilite l’attachement et l’identification du lecteur. Nous sommes tous imparfaits et s’identifier à quelqu’un qui a le même conflit interne que soi peut être un moyen sûr de captiver le lecteur. Il s’agit aussi d’une bonne façon de lui faire ressentir des émotions fortes.
  4. L’arc narratif permet de créer un fil rouge pour le lecteur. C’est une bonne méthode pour le guider au travers de son œuvre.

Le bon arc narratif va contribuer à la force de votre roman car il proposera une expérience à laquelle le lecteur s’identifiera à tous les coups. L’expérience du doute, du pardon, du deuil… Et bien d’autres encore.

Les types d'arc narratif d'un personnage

Il existe trois types majeurs d’arc narratif d’un personnage selon la direction prise par la transformation. Chacun de ces modèles peut vous aider à établir l’évolution de vos personnages avec précision et ainsi élaborer le message que vous souhaitez transmettre à vos lecteurs :

  • L’arc de transformation positive : comme son nom l’indique, le personnage va évoluer en bien. Il va, au travers de ses aventures, travailler sur une ou plusieurs de ses failles majeures. Il peut gagner en maturité, réussir à s’affirmer, apprendre de ses erreurs pour, en globalité devenir une meilleure personne. Cela peut concerner un personnage mauvais à la base qui peut devenir meilleur ou bien un personnage déjà bon qui peut apprendre de ses défauts. On le retrouve dans les récits initiatiques et les romans qui cherchent à transmettre une morale.
  • L’arc de transformation négative : l’exact opposé de la transformation positive, nous allons cette fois assister à une dégradation du personnage. Les épreuves, au lieu de le remettre en question, vont plutôt l’enfoncer. Il va succomber à ses failles et y perdre ses valeurs. Il devient ainsi corrompu et ne parvient pas à apprendre la leçon qu’il devait apprendre. Cet arc est plutôt utilisé pour les tragédies et les satires. Il permet de transmettre également une morale sous forme d’avertissement. Voilà ce qu’il peut advenir si vous prenez les mauvaises décisions !
  • L’arc neutre : l’arc statique, ou neutre, est plus particulier. Le personnage ne va pas changer lui-même mais plutôt être acteur du changement des autres. Il est ainsi lui-même une épreuve pour les personnages de par sa personnalité. Ce personnage, en restant fidèle à ses valeurs, change le monde autour de lui et devient une figure d’ancrage pour le lecteur.

Ces trois types arcs narratifs se déclinent eux-mêmes en différents arcs effectifs comme la rédemption ou un personnage apprend à se racheter de ses mauvaises actions. L’arc de vengeance où un personnage cherche à prendre sa revanche et en paie souvent le prix. Ou encore l’arc d’identité où le personnage est à la recherche de soi-même et de son identité propre à travers les péripéties vécues.

Comment intégrer l'arc narratif à son roman ?

Une fois que l’on a défini ses personnages et leur évolution, il faut évidemment les intégrer à son intrigue. Je vous ai maintes fois répété que les personnages et l’intrigue allaient de pair et que les deux piliers travaillaient main dans la main. L’exemple de l’arc narratif et de l’intrigue est parfait pour illustrer cela. La construction d’un arc narratif se fait en écho avec la construction de l’intrigue. Rappelons les étapes :

  1. Situation initiale : la situation au début de l’intrigue. Elle présente les lieux, les personnages, les enjeux et donne un cadre général 
  2. Elément perturbateur : un élément vient déranger la situation initiale et pousser à l’action.
  3. Péripéties : Les épreuves que le ou les personnages doivent traverser pour essayer de résoudre le conflit principal.
  4. Résolution : la crise trouve sa résolution.
  5. Situation finale : l’intrigue présente la situation à la fin des événements.

La construction de l’arc narratif va suivre ces étapes en reflet et créer un conflit interne qui s’articulera comme suit.

  1. Situation initiale : le personnage avant d’évoluer. On présente le personnage imparfait tel qu’il est sans rien cacher.
  2. Elément perturbateur : le déclencheur de l’arc. Un événement vient remettre en question le personnage en le faisant douter ou en révélant son conflit intérieur.
  3. Péripéties : les épreuves du personnage. Les obstacles que le personnage rencontre pour le remettre en question lui et ses failles.
  4. Résolution : le point de rupture. Le moment où le personnage réalise l’existence de sa plus grande faille et trouve une résolution pour son propre conflit intérieur.
  5. Situation finale : le personnage changé. On retrouve le personnage changé par ses aventures en bien ou en mal.

La construction de l’arc et de l’intrigue se fait donc bel et bien en tandem. Il est donc important de ne négliger aucune des deux !

Pour terminer, analysons cela par le prisme de deux exemples.

Des exemples pour mieux comprendre

Au travers de ces deux exemples, nous allons analyser en détail les étapes d’un arc narratif et ainsi comprendre l’importance de ce dernier.

L’arc de rédemption positive : Jean Valjean (Les Misérables).

  • Etat initial : Jean Valjean est un paria dans la société qui a subi des injustices profondes.
  • Déclencheur : l’évêque Myriel le gracie et met fin à ce cycle d’injustice, ouvrant une porte pour Jean.
  • Péripéties : plusieurs fois, Jean à l’occasion de prouver sa bonté et de trouver sa vraie place dans une société qui l’a maltraité. Il protège Cosette, Fantine et échappe à Javert sans faire le mal.
  • Déclic : il choisit la bonté à chaque fois et devient un homme meilleur.
  • Etat final : Jean Valjean est un homme transformé et meilleur moralement.

L’arc de chute négative : Jay Gatsby (Gatsby le Magnifique).

  • Etat initial : Jay est un homme pauvre qui n’a qu’un désir : s’élever dans la société et être aimé.
  • Déclencheur : il souhaite ainsi reconquérir Daisy mais se met à confondre amour et image du succès.
  • Péripéties : Jay accumule les richesses et devient quelqu’un d’influent dans le milieu.
  • Déclic : Daisy refuse de rompre, ce qui piège Gatsby dans son idéal de société.
  • Etat final : Jay Gatsby reste figé dans son idéal, ce qui amorcera sa chute finale.

Au travers de ces deux exemples, on voit bien que l’arc narratif prend souvent une part plus importante que l’intrigue en elle même. Elle peut même composer l’entièreté de l’intrigue. C’est ainsi que l’évolution de Jean Valjean ou de Jay Gatsby sera un point d’intérêt pour les lecteurs qui suivront avec attention leurs actions pour avoir la réponse à la fameuse question : qu’est-ce que ce personnage devient ? Cela peut se généraliser à tous les personnages de roman et, de ce fait, souligne bien l’importance de soigner ses arcs narratifs !

L’arc narratif d’un personnage n’est donc pas à prendre à la légère. C’est un outil d’auteur puissant et qui peut s’utiliser au delà de l’écriture pour forger des personnages inoubliables. Katniss Everdeen est mémorable de par son conflit intérieur qui évolue tout le long de la trilogie ! Bilbo Bessac refuse d’abord l’aventure avant de créer des liens avec les autres personnages et de trouver du courage. Lorsqu’on lit un livre, on se cherche inconsciemment dans les personnages. Pouvoir s’identifier à leur conflit intérieur, leur transformation nous rassure et nous tient en haleine. Ainsi, comprendre ce qu’est l’arc narratif vous permettra de créer des personnages que vos lecteurs voudront protéger tout au long du roman !

Sur le même thème

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut