5 archétypes de personnage à utiliser pour votre roman

illustration archétypes de personnage

Dans la lignée de mon article précédent sur les tropes, nous allons cette fois nous pencher sur la construction de personnage grâce aux archétypes. Si les tropes, eux, sont plus intrinsèques à l’histoire en elle-même, les archétypes sont intimement liés aux personnages et à l’image qu’ils forgent par leur existence. Nous avons vu que l’utilisation de modèles pouvait grandement faciliter la tâche pour un premier roman, voyons maintenant comment grâce à ces cinq archétypes de personnages ainsi que quelques exemples de leur présence en littérature.

Qu'est-ce qu'un archétype de personnage ?

L’archétype nous vient du grec arkhetupon qui signifie « modèle primitif » et a donc la même origine que le mot trope. Même son sens est similaire car les deux termes désignent des modèles utilisés par la philosophie et la littérature. Mais alors quelle différence ? Eh bien elle est avant tout culturelle et contextuelle. Là où l’archétype est universel et se sert de caractéristiques objectives et intrinsèques pour donner une essence que l’on retrouve dans tous types d’œuvres. Le trope est plutôt sujet à interprétation et est un modèle qui peut varier d’une histoire à l’autre selon la manière de le traiter. Là où l’archétype est un pilier qui ne change pas, le trope peut être utilisé de différentes manières (comme astuce, schéma, ou encore un type de scène).

L’archétype de personnage est donc un résumé de l’essence de ce dernier. Il existe des dizaines et des dizaines de types de personnages qui interagissent au sein d’une histoire. Il y a les archétypes généraux qui, eux-mêmes, se déclinent en sous-genres d’archétypes. Prenons l’exemple du Héros : celui-ci est attendu pour être courageux, gentil, pour agir de manière altruiste et héroïque en toutes circonstances. C’est celui qui porte la force du Bien et qui agit pour ce dernier. Le Héros lui même peut se décliner en plusieurs sous-types de héros :

  • Le Prince Charmant : un prince de haute lignée et qui agit comme un gentleman. Beau, élégant et courageux, il sauve la princesse lorsqu’elle est en danger.
  • Le Justicier : il déteste ceux qui agissent pour le mal et rend justice dès qu’il le peut.
  • Le Détective Privé : un enquêteur, souvent bourru et solitaire, confronté à une affaire impossible et un danger de tous instants. Il lutte pour faire triompher la vérité.

A première vue, cela peut sembler cliché mais en réalité, utiliser les archétypes est un excellent moyen de justement déformer les clichés. Connaître les règles permet de mieux s’en affranchir 😉!

Pourquoi utiliser des archétypes de personnage ?

La réponse est la même que pourquoi on utilise les tropes ! Les archétypes, lorsqu’on les utilise correctement, peuvent aider à construire une bonne histoire avec des personnages intéressants. Ce sont des valeurs refuges que le lecteur apprécie toujours de voir. Ils agissent en piliers et consolident les fondations d’une histoire. Toutefois, il convient de ne pas entièrement s’y reposer mais plutôt de construire autour de ces piliers. C’est ce qui va permettre de faire une maison bien à soi pour continuer à filer la métaphore !

Prenons par exemple le mentor. On en voit dans beaucoup d’œuvres et il sert de repère essentiel pour le lecteur. Pour autant, peut on dire que Dumbledore, Gandalf ou même Yoda, sont similaires ? Tant du point de vue de la personnalité que de leur présence et rôle au sein de l’histoire ? Non. C’est ce qui fait la force des archétypes. C’est une essence que l’on peut remodeler pour qu’elle corresponde à notre vision et qui peut servir notre histoire. L’archétype est une image qui nous aide à définir nos personnages et qui nous aide à les repeindre à notre guise. Comme les tropes, c’est un matériau, et connaître le matériau nous permet de mieux l’utiliser.

Maintenant, voyons les archétypes de base que l’on trouve dans la littérature. Bien entendu, la liste n’est pas exhaustive et il en existe beaucoup d’autres, tant de sous-archétypes que des archétypes classiques. 

5 archétypes pour construire un premier roman

Sans plus attendre, voici 5 archétypes à utiliser et déformer pour votre histoire !

Le Héros

Le plus populaire et utilisé des archétypes de personnage, le Héros est présent dans une grande majorité de médias si ce n’est tous. Il représente le plus souvent le protagoniste principal de l’histoire, celui qui agit contre le Mal ou l’antagoniste. Le Héros est caractérisé par son attitude courageuse. C’est lui qui affronte la menace et qui vit un voyage pour progresser en tant que personnage. C’est une allégorie de la volonté qui triomphe face à l’adversité. Si un personnage de votre roman veut sauver les personnes en danger ou, plus généralement, se trouve au cœur des intrigues, il s’agira d’un Héros.

Le plus intéressant dans cet archétype, ce sont ses déclinaisons. En effet, il existe une myriade de sous-archétypes pour le Héros. Ces sous-archétypes sont liés au contexte du média, aux qualités du personnage, à son origine, son objectif… Voici plusieurs exemples :

  • Le Chevalier Servant : ou Prince Charmant, il se démarque par son sens du devoir, son courage et sa discipline. Exemple : Aragon dans Le Seigneur des Anneaux.
  • Le Sauveur : ses motivations sont plus liés à une compassion interne plutôt qu’un sens du devoir. C’est un aspect plus empathique et altruiste de l’archétype. Exemple : Jon Snow dans A Game Of Thrones.
  • Le Rebelle : il va se battre contre un système oppressif mais à sa manière. Lui aussi est courageux mais suit ses propres règles et possède une détermination d’acier. Exemple : Katniss Everdeen dans Hunger Games.
  • Le Protecteur : encore une dérivation du Sauveur mais cette fois il va plutôt chercher à défendre ceux qui lui sont chers. Plus que de la compassion cette fois, c’est de l’amour qui le pousse à l’acte. Exemple : Geralt de Riv dans Le Sorceleur.

Cette liste est loin d’être complète. Tant que votre personnage se dresse contre l’adversité, ne cherchez pas plus loin, il s’agit d’un Héros ! Ses objectifs, qualités et motivations peuvent varier mais son essence restera la même : affronter l’antagoniste et en ressortir grandi.

L'Anti-Héros

Similaire dans le nom mais très différent du Héros. L’Anti-Héros possède ses propres codes et sa propre essence. Il est bien plus que l’inverse du héros. Ce qui caractérise le plus souvent un anti-héros, c’est qu’il n’a pas les compétences ou le profil que l’on attend d’un héros classique de fiction (le courage, l’altruisme, le sens du devoir…). C’est une plongée dans les zones grises de l’humanité. Lui aussi va affronter l’antagoniste mais le plus souvent pour des raisons égoïstes. De même que le Héros incarne des valeurs idéales et des qualités indéniables, l’Anti-Héros sera plus ambigu et douteux. Son voyage ne le fera pas nécessairement progresser mais pourra plutôt impacter ses compagnons, parfois négativement.

Là encore, l’archétype peut se décliner en plusieurs sous catégories intéressantes à exploiter et qui donneront une facette particulière de l’anti-héros. Voici donc quelques exemples :

  • Le Héros Malgré Lui : il n’a jamais été un héros mais il est entraîné par les événements et se retrouve impliqué malgré lui. Pourtant, il n’est ni courageux, ni altruiste ou intéressé. Il le fait uniquement car il le doit. Exemple : Bilbo Bessac dans Le Hobbit.
  • Le Vengeur : il veut affronter l’adversité mais pour des raisons purement égoïstes et réparer un tort qu’on lui a causé. Il n’agit pas forcément de manière noble ou altruiste. Exemple : Arya Stark dans A Game Of Thrones.
  • Le Criminel : agit dans l’illégalité mais pour le bien de tous. Il est reflet de l’humanité plus que de la vertu. Ses actions ne sont pas bonnes pour la société mais croit en un idéal tout de même ce qui en fait un héros assez dysfonctionnel. Exemple : Robin des bois dans Robin des Bois.
  • Le Destin Tragique : il aurait pu être un héros et avait les qualités pour le devenir. Hélas les circonstances et ses défauts l’ont privé de cette opportunité. Exemple : Jay Gatsby dans Gatsby le Magnifique.

L’Anti-Héros permet ainsi de varier les perspectives pour raconter son histoire et d’explorer des thèmes plus rattachés au côté humain des personnages. Lui aussi affronte les antagonistes mais à sa façon et tirera des leçons… Qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

Le Mentor

Le protagoniste principal est généralement entouré d’autres personnages qui peuvent prendre une place plus ou moins importante dans l’histoire. Toutefois, on retrouve souvent la figure du Mentor. Ce personnage qui guide le protagoniste à travers son voyage, tant physique que mental et qui fait office de soutien pour ce dernier. Le Mentor est plus âgé que le protagoniste pour la majorité des cas. C’est un personnage qui a déjà été grandi par ses propres épreuves et qui transmet son savoir et sa sagesse au protagoniste pour que lui même puisse affronter ses propres épreuves plus facilement. Le Mentor peut être une figure d’autorité familiale, un étranger ou encore un ami proche. Son essence incarnera cependant toujours le guide bienveillant qu’il doit être pour les personnages.

Comme les deux archétypes précédents, il existe plusieurs types de Mentor que nous allons découvrir :

  • Le Vieux Sage : l’occurrence de Mentor que l’on voit le plus souvent, notamment en Fantasy. C’est un vieil homme (en général) qui transmet son savoir et guide le héros encore perdu grâce à sa sagesse et son érudition. Exemple : Gandalf dans Le Seigneur des Anneaux.
  • Le Déchu : c’est un mentor qui a vécu des épreuves douloureuses et qui veut empêcher le protagoniste de vivre les mêmes. C’est comme ça que son enseignement se fait. Exemple : Gurney Halleck dans Dune.
  • L’Excentrique : ce Mentor un peu extravagant et atypique délivre des perles de sagesse tout en contrastant avec son comportement étrange. C’est aussi ce qui fait la force de ses enseignements. Exemple : Le Renard dans Le Petit Prince.
  • Le Manipulateur : ce Mentor est différent de ses collègues car il forme dans ses propres intérêts. Il agit de manière égoïste et intéressé et manipule le (ou les) protagonistes pour arriver à ses propres fins. Exemple : Petyr Baelish dans A Game Of Thrones.

Comme un professeur, le Mentor peut avoir de multiples facettes mais son rôle fondamental reste le même : guider le protagoniste. Ses objectifs et méthodes peuvent changer d’un Mentor à l’autre cependant.

La Némésis

La Némésis sera le plus souvent l’antagoniste principal. L’obstacle que le Héros doit affronter. Il incarne des valeurs opposées à celles du Héros et représente sa contre-force morale. C’est un personnage qui n’a pas réussi à apprendre ses leçons ou qui les a mal apprises. Cela peut être aussi un personnage qui a fait le mauvais choix et qui a emprunté la mauvaise direction pour évoluer. Enfin, cela peut aussi être un personnage aux motivations sombres, égoïstes ou mauvaises et qui cherche à entraîner le Héros sur la mauvaise voie. Toutefois, le moyen le plus simple de repérer une Némésis consiste à voir quel personnage se dresse contre le héros avec des idéaux différents.

Les Némésis sont de tous types et varient d’un roman à l’autre. En voilà quelques exemples :

  • Le Miroir : ce personnage aurait pu être un héros mais a fait un choix différent ce qui à conduit à un personnage aux idées, motivations et objectifs à l’opposé du héros actuel. C’est un sombre reflet du héros et un rappel de ce qu’il pourrait être s’il empruntait la mauvaise voie. Exemple : Heathcliff dans Les Hauts de Hurlevent.
  • La Némésis Idéologique : le Héros et elle ont des idées radicalement opposés et servent de vecteur pour confronter ces deux idées. Cela met en lumière les faiblesses et forces de ces idées à travers un combat orienté vers des allégories. Exemple : Javert dans Les Misérables.
  • La Némésis Absolue : elle représente le Mal à l’état pur et un obstacle que le Héros doit détruire pour rétablir l’équilibre. C’est la Némésis la plus simple et la plus directe. Il n’y a plus de nuance dans ce type de personnage et fait office de projecteur pour mieux faire briller les valeurs du héros. Exemple : Sauron dans Le Seigneur des Anneaux.
  • La Némésis Familiale : elle se démarque par sa proximité avec le Héros pour mettre en nuance la différence d’idéal au sein d’une même famille. C’est surtout quelqu’un que le protagoniste a aimé et auprès duquel il s’est senti proche, rendant ainsi l’affrontement plus difficile. Exemple : Créon dans Antigone.

Héros et Némésis vont toujours de pair. Seul le visage emprunté par ces deux archétypes va changer d’une œuvre à l’autre. C’est ce qui va permettre d’explorer les thématiques voulues et de nuancer son propos.

L'Acolyte

Dans la famille des personnages accompagnant le Héros, nous avons le Mentor mais aussi l’Acolyte. En effet, on retrouvera toujours un personnage, secondaire ou non, qui accompagne le Héros et qui l’aide dans ses aventures. Ses différences et ressemblances avec ce dernier permettent de mettre leur relation en perspective et peut même faire office d’épreuve pour le Héros. C’est un personnage qui, en bref, vient compléter le Héros de par sa personnalité et son rôle dans l’histoire. Il ajoute du relief à l’histoire et aux personnages déjà existants.

Les Acolytes comme les Héros se présentent en une grande quantité de sous-archétypes dont en voici une liste non-exhaustive :

  • L’Acolyte Loyal : soutien moral et pilier pour le Héros, il lui voue une loyauté sans faille. Le plus souvent, c’est le meilleur ami du Héros. Il agit en présence dévoué et stable, toujours là lorsque le Héros à besoin de lui. Exemple : Samwise Gamgee dans Le Seigneur des Anneaux.
  • La Conscience : cette fois, cet Acolyte agit plus comme un garde-fou pour les mauvais penchants du Héros. Il pousse à la réflexion et à la précaution. Très utilisé pour les protagonistes imparfaits ou impulsifs qui ont ainsi un Acolyte de complétion plus raisonnable. Exemple : Jiminy Cricket dans Pinocchio.
  • Le Comic Relief : son rôle est d’apporter de la légèreté dans l’histoire et de contrebalancer le côté sérieux du Héros. Il détend l’atmosphère par des blagues et humanise le récit. Exemple : Sancho Panza dans Don Quichotte.
  • Le Rival : il entretient une rivalité saine avec le Héros et le pousse à devenir meilleur. Son existence est là pour supporter le Héros à travers une tension constructive. Parfois, il trouve un consensus avec ce dernier. Exemple : Athos, Portos et Aramis dans Les Trois Mousquetaires.

L’Acolyte est donc là pour apporter la touche de diversité et pour compléter le Héros dans sa quête. Grâce à ses multiples facettes, il vient ainsi toujours remplir son office de soutien pour les protagonistes.

Les archétypes sont ainsi un concept qu’il est important de comprendre pour écrire ses futures histoires. On les retrouve dans tous les médias et, implicitement, sont des règles universelles de création de personnage. En identifiant à quel archétype appartient votre personnage, cela vous permettra de mieux nuancer et construire ce dernier pour vous affranchir des codes et ainsi proposer des individus uniques et humains ! Grâce à ces cinq archétypes, vous aurez une première base pour vos personnages ! Ceci couplé à des tropes bien utilisés vous autorisera à forger un roman qui ira au delà des clichés ! Alors à vos crayons !

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