Le Hareng Rouge en écriture où comment induire en erreur de manière efficace

hareng rouge en écriture

Si le hareng rouge est avant tout un poisson (si si !), il prend une toute autre signification dans le domaine de l’écriture. En effet, appelé « red herring » par nos amis outre-manche, le hareng rouge désigne un procédé d’écriture que l’on retrouve dans tout bon roman à suspense : celui de la fausse piste ! Polars, thrillers, romans noirs… Les genres utilisant cette technique ne manquent pas. Le Hareng Rouge en écriture reste un procédé redoutable d’efficacité pour surprendre vos lecteurs tout en étant simple à écrire avec la bonne méthode. Voyons cela de ce pas !

Le hareng rouge, qu'est-ce que c'est ?

Qui n’a jamais lu de bon roman policier sans se dire « C’est forcément lui le tueur »… Pour se retrouver complètement déboussolé lors de la révélation finale ? Nous sommes concentrés sur l’individu louche au comportement suspect. Puis l’auteur du méfait n’était autre que la voisine d’à côté qui adore les fleurs !

Diversion, fausse piste, leurre… On peut donner bien des noms à ce procédé d’écriture. Le Hareng Rouge tire ses origines du 18e siècle. Pour entraîner les chiens de chasse à suivre une piste, on utilisait ce poisson fumé. Le hareng prenait alors une couleur rougeâtre caractéristique. Les chasseurs s’en servaient alors comme d’une distraction pour les chiens. Ces derniers devaient ainsi rester concentrés sur la piste d’origine. Le surnom de hareng rouge en écriture est donc resté pour désigner une piste erronée.

Aujourd’hui, le procédé de la fausse piste est présent dans beaucoup de genres littéraires. D’abord l’apanage des polars, thrillers et autres romans à mystère, il s’est démocratisé dans les autres genres de fiction. L’effet de cette technique sur le lecteur n’est plus à prouver. Le Hareng rouge en écriture créé du suspense et implique le lecteur dans son histoire, le forçant à être attentif aux vrais indices. Qu’il tombe ou non dans le piège, le lecteur ressentira soit de la surprise, soit de la satisfaction, deux sentiments que l’on recherche dans l’écriture d’une histoire.

Cette technique consiste donc à intégrer un ou des éléments d’intrigue qui paraît être la solution crédible du problème. Ensuite, on révèle bien plus tard que ces éléments sont en fait sans rapport avec le problème. Similaire à la prestidigitation, on divertit le lecteur de ce qui se trame dans l’ombre en offrant une piste possible.

Maintenant qu’on comprend mieux l’intérêt du hareng rouge en écriture, comment intégrer cela efficacement dans son livre ?

Comment ferrer votre lecteur avec un bon hareng ?

Dans la pratique, la mise en place d’un hareng rouge en écriture est simple. Tout d’abord, définissez bien quel est votre véritable solution et votre fausse piste. Ensuite, décidez en quoi va consister votre fausse piste. Voici quelques exemples d’éléments à combiner entre eux :

Un indice matériel

Un objet appartenant à un des suspects présent sur la scène de crime mais n’ayant pas tué la victime par exemple.

Un personnage

Un individu qui agit de manière étrange et qui n’a pas pu fournir d’alibi lors du crime. Ses actions n’étaient qu’une suite de coïncidences malheureuses.

Une sous-intrigue

La victime était impliqué dans un trafic de drogue par exemple et on peut découvrir qu’on lui en voulait. Toutefois la raison de sa mort est autre.

Une scène

Sur le moment, une scène impactante peut se révéler avoir une nouvelle signification lors de la révélation.

Un dialogue

On peut faire passer des informations en apparence importantes dans un dialogue mais qui se révèlent finalement sans lien avec la véritable raison du meurtre. Par exemple, une conversation avec un banquier peut laisser entendre que la victime était endettée.

Les conseils pour un bon Hareng Rouge

Une fois que vous avez rassemblé tous les éléments de votre ou vos fausses pistes, il ne manque plus qu’à les inscrire dans l’histoire. Voici quelques conseils pour vous aider à retranscrire ça :

Ne forcez rien !

L’intégration des éléments de la fausse piste doit paraître naturelle et cohérente avec le cadre du récit. Si celle-ci semble hors de propos, elle sera vite repérée et l’effet gâché.

Dosez bien les indices !

Les indices que vous fournirez à votre lecteur sont importants. Trop risque de perdre le lecteur, pas assez risque de le frustrer. Tout est dans la mesure. Vous connaissez les informations à donner, donnez-les avec parcimonie !

Choisissez le bon moment

Si vous décidez de donner de faux indices, faites le à un moment où le lecteur sera réceptif ! Évitez les scènes d’action ou de révélation. Privilégiez plutôt les scènes de progression d’intrigue, par exemple une discussion dans un bar ou l’exploration de la scène de crime.

Restez cohérent !

Si vous intégrez un hareng rouge en écriture disant qu’un critique de renom assassiné à trempé dans des affaires de détournement de fond, cela va paraître bizarre. Faites en sorte que vos fausses pistes soient cohérentes avec l’intrigue principale et ses personnages. Si vous dites que récemment, ce critique a mal noté un restaurateur mais que ce dernier est innocent, cela sera bien plus crédible.

Récompensez le lecteur

La résolution de l’énigme doit se montrer bien plus gratifiante que la fausse piste. Sinon le lecteur va être frustré. Faites aussi en sorte que l’explication de cette fausse piste soit crédible pour ne pas perdre votre lecteur.

Grâce à ces conseils, vous deviendrez rapidement un pêcheur professionnel et ferrerez vos lecteurs facilement !

À lire aussi : poser les bases de son premier roman policier

Exemples de hareng rouge dans la littérature

Pour terminer cet article, voici quelques exemples de hareng rouge en écriture (attention spoilers en approche !) :

  • Dans Da Vinci Code, Teabing semble être un allié alors qu’il est en réalité le cerveau des crimes
  • Dans Shutter Island, Teddy Daniels enquête pour retrouver un meurtrier dans un hôpital psychiatrique sans se douter qu’il n’est qu’un simple patient ayant perdu la mémoire.
  • Dans Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, Sirius Black est présenté comme l’antagoniste alors qu’il cherche à aider depuis le début.
  • Dans Sherlock Holmes : le Chien des Baskerville, le chien semble être la menace principale mais la vérité est tout autre.

Il existe bien d’autres exemples de fausses pistes mais je ne spoilerai pas plus de livres ! 😉

Le hareng rouge en écriture n’est donc plus l’exclusivité des genres policiers. Cette technique se généralise à tous les genres de fiction et apporte toujours son effet au lecteur. De par sa simplicité de mise en place et ses résultats,le red herring reste un procédé très populaire et très utilisé par les auteurs et autrices de tout bord. Maintenir le suspense, susciter la surprise et la satisfaction sont les objectifs principaux du hareng rouge en écriture. Grâce à ces conseils, vous serez incollable sur le poisson ! Associé à d’autres procédés, il devient la clé pour un scénario plein de rebondissements !

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