Comment écrire une pandémie de manière crédible ?
Depuis la pandémie mondiale du COVID-19 en 2020, les fictions fleurissent et chacun veut exprimer sa propre expérience traumatique au travers de médias variés. Films, séries, livres… les façons de traiter le sujet d’une pandémie sont nombreux et pour les apprentis auteurs de fiction, c’est une opportunité en or pour écrire une pandémie et ainsi débuter leur première dystopie ! Cependant, même en écrivant une fiction, il y a des points à ne pas négliger afin de conserver la crédibilité de votre monde. Et une chose est sûre, écrire à propos d’une pandémie est bien plus difficile qu’il n’y paraît ! Voyons quels sont les points importants à voir pour rendre sa pandémie crédible.
Écrire une pandémie pour une dystopie : le contexte
L’une des premières choses à définir et non des moindres lorsqu’on parle de pandémie, c’est le contexte. Tout d’abord, il faut définir la maladie, ou menace biologique. Quelle est son origine ? Naturelle, artificielle ou complètement autre ? Il peut s’agir d’une pandémie d’origine naturelle comme une mutation ou encore une zoonose (provenance animale), mais aussi une pandémie d’origine humaine (création en laboratoire, arme biologique). Cette première information conditionne déjà beaucoup de réactions et le ton de la dystopie.
Ensuite, comment cette maladie s’est propagée et quel était l’état du monde ? Un monde déjà affaibli par des crises (guerre, économie, écologie…) ne réagira pas comme un monde sain. De même que le mode de propagation peut changer la façon de réagir des personnages. Par exemple, une propagation aérienne favorisera l’utilisation de masques tandis qu’une propagation aquatique amènera des normes de rationnement sur l’eau saine et la rendra précieuse (donc un enjeu potentiel pour vos personnages).
Enfin, il faut définir qui va raconter votre histoire et quelle communication a été faite sur la situation. Cette dernière sera aussi dépendante de l’état des choses au moment où vous décidez d’écrire votre pandémie. Selon que ce soit un militaire, un dirigeant, un scientifique ou tout simplement un citoyen, certaines informations clés (comme comment est apparu la pandémie) seront plus ou moins accessibles. Cela ira de pair avec la version communiquée par les autorités. Minimisent-elles la situation ? Cherchent elles à cacher la gravité de la menace pour rassurer la population ? Ont-elles eu recours à la censure ?
Toutes ces questions aident à définir un premier contexte dans lequel vos personnages vont évoluer. Mais il faut également s’attarder sur l’effondrement de la société.
Écrire une pandémie pour une dystopie : le niveau d'effondrement
Tout d’abord, déterminez à quelle période de la pandémie vos personnages évoluent. Est-ce au tout début ? Auquel cas un climat d’incertitude et d’inquiétude sera plutôt dominant. Au contraire si on se trouve à la fin de l’épidémie et qu’il y a des millions (voire milliards) de victimes. L’espoir disparaît et il régnera un climat de panique et de méfiance.
Une fois le contexte temporel défini, penchez vous sur l’effondrement en lui-même. Est-il total et l’anarchie règne en maître ? Ou au contraire assiste-t-on à des poches de résistances (refuges, forteresses, camps de survivants…) ? De même, est-ce un effondrement très rapide (la société s’écroule en quelques semaines à cause de la fulgurance et la viralité de la maladie) ? Ou plutôt lent ? Qu’est-ce qui s’effondre en premier (les services publics comme les hôpitaux ou les infrastructures comme l’électricité ou le réseau d’eau sont de bons candidats).
Dernière chose et non des moindres. Quel est l’ordre en place s’il y en a un ? Est-ce l’armée ? Les scientifiques ? Une organisation spécifique ? Les chefs de gang ? Et si toute forme d’autorité a disparu, comment font les survivants pour partager ou gérer les ressources et eux-mêmes ?
Une fois le niveau d’effondrement de la société défini, il reste à voir comment les infrastructures classiques, industries et services sont remplacés ou fonctionnent dans un univers en ruine…
Écrire une pandémie pour une dystopie : les infrastructures
Même si votre société n’est pas encore totalement en ruine, l’impact sur les infrastructures est réel. Les transports par exemple peuvent tourner au ralenti à cause de mesures d’isolement. Les hôpitaux peuvent être surchargés. La maintenance des services se retrouve affecté par les absences… Mais que se passerait-il en cas d’effondrement total ?
Pensez à comment les survivants ou formes d’autorités survivantes organiseraient les systèmes de santé. Seraient-ils stricts ? Ouvriraient-ils des hôpitaux de campagne ? Organiseraient-ils une quarantaine forcée ? Comment géreraient-ils les malades ? Vient ensuite la question de la logistique et des ressources. Les campagnes deviennent-elles précieuses ? Les commerces étant complètement à l’abandon, les survivants font-ils du troc ? La nourriture et l’eau devient rare et précieuse. Font-ils du jardinage ? Assiste-t-on à des pillages ? Même chose pour les transports. Le carburant devenant rare et précieux, quelle utilisation est faite des véhicules fonctionnels et de l’essence ?
Enfin, il y a aussi la communication. La radio, la télévision ne marchent plus. Les moyens de s’informer se font rares. Comment s’y prennent les survivants ? Communiquent-ils par graffitis ? Par journaux ? Par messages ? Et la campagne, quels sont ses avantages et inconvénients ? Sont-elles globalement plus sûres que les villes ? Savoir à l’avance l’état de vos infrastructures jouera pour écrire une pandémie crédible.
Il y a aussi les réactions face à la pandémie. Outre la classique panique, on peut avoir une palette de réactions humaines très variée….
Écrire une pandémie pour une dystopie : les réactions humaines
Le plus important est de différencier la réaction collective de la réaction individuelle. Comment les grands groupes réagissent ? Selon le contexte, elle peut aller de la résignation à la colère en passant par le désespoir. Certains peuvent aussi avoir une confiance en l’avenir ou d’autres sombrer dans la paranoïa. Ces réactions collectives est grandement influencé par le comportement individuel. Est-ce que les individus seront altruistes (comportement d’entraide et de solidarité face à la menace) ? Ou au contraire égoïstes (vol, pillage, violence, meurtre, délation…) ? Quelles sont leurs raisons ?
La réorganisation de la société entraîne de nouveaux codes. Comment se gèrent et s’organisent les sociétés après la pandémie ? Des clans, des communautés se créent ? Et si oui, quelles sont leurs valeurs et principes ? On peut avoir des gangs sans vergogne qui pilleront des commerces ou d’autres communautés plus pacifiques pour leurs ressources. À l’inverse, des communautés favoriseront l’entraide et le partage pour sortir de la situation. Comment les gens se protègent ? Quels sont leurs codes sociaux ? Les victimes de la pandémie sont-ils traités différemment ? Quels sont les codes de survie ? Y’a-t-il un rationnement ? Un système de quarantaine ? Comment gèrent-ils le traumatisme ? Ont-ils des PTSD ? Des cauchemars ?
Tout cela aide à instiller une dimension humaine à la pandémie. Il reste un dernier point majeur pour parachever votre pandémie : l’environnement extérieur.
Écrire une pandémie pour une dystopie : l'environnement
Basiquement, la question se pose de savoir si la nature devient une ennemie ou une allié des survivants. D’abord, à quelle vitesse reprend-t-elle ses droits (végétation envahissante, faune sauvage revenant en ville, baisse de pollution…) ? Et une fois ceci défini, cela a-t-il des conséquences sur la survie des humains ? En effet certains animaux peuvent devenir envahissants (et cela peut être bénéfique comme mauvais, imaginez que l’espèce transmettant la maladie devienne invasive). La pandémie peut également dérégler le calendrier climatique et des récoltes, accentuant les difficultés à produire de la nourriture.
Enfin, certaines zones deviennent complètement inhabitables (présence de la maladie ou d’espèces animales hostiles à l’homme) tandis que d’autres seront des refuges naturels (une rivière fournissant de l’eau potable, un endroit où la terre est cultivable…) écrire une pandémie demande aussi de prendre tout cela en compte.
Fort heureusement, nous n’avons jamais vécu de pandémie jusqu’à témoigner de l’effondrement de la société. Cela nous laisse le soin d’imaginer ce que serait un monde où l’humanité serait décimée. Savoir comment écrire une pandémie crédible permet d’insuffler de la vie dans une histoire parlant de catastrophe et de désespoir. De l’apparition de la menace biologique à l’effondrement et aux réactions humaines face à un désastre d’une telle ampleur, les points à prendre en compte pour faire en sorte que cette pandémie soit crédible sont importants pour réussir sa dystopie et ainsi écrire un récit captivant pour le lecteur !
Enfin, certaines zones deviennent complètement inhabitables (présence de la maladie ou d’espèces animales hostiles à l’homme) tandis que d’autres seront des refuges naturels (une rivière fournissant de l’eau potable, un endroit où la terre est cultivable…) écrire une pandémie demande aussi de prendre tout cela en compte.
