6 astuces pour écrire un roman policier marquant

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Les polars sont fascinants. Grâce à eux, nous pouvons nous glisser dans la peau d’un enquêteur, analyser des indices et trouver la piste des criminels. Écrire un roman policier demande une préparation minutieuse. En effet le déroulement du crime et sa résolution sont les points les plus importants d’un polar. De grands maîtres et maîtresses du roman policier ont vécus et vivent encore aujourd’hui comme Agatha Christie ou Maxime Chattam. Plongeons donc dans la méthode pour écrire un roman policier crédible et efficace pour vos lecteurs.

Pour écrire un roman policier il faut... une victime

Un crime, c’est avant tout une victime. La première chose à faire est d’établir la carte d’identité de votre victime et du crime commis. Le plus souvent, il s’agira d’un meurtre mais on peut choisir également d’autres types de crimes. Un vol, un kidnapping ou encore une agression peuvent donner suffisamment d’enjeu à votre roman. Une phrase doit conduire votre écriture : pourquoi la victime a été ciblée ? C’est effectivement le point d’intérêt qui fera que vos lecteurs poursuivent la lecture.

Donc, la victime doit être intéressante. Si le coupable a pris la victime pour cible, c’est pour une bonne raison. Nous en reparlerons dans la partie qui parle du mobile. Établissez donc la fiche d’identité de votre victime. Était ce un homme ? Une femme ? Quel était son travail ? Était ce quelqu’un de solitaire ? Ou plutôt sociable ? Était il (ou elle) gentil(le) ? Ou au contraire méchant(e) ? Il s’agit de la première pierre angulaire pour écrire un roman policier, consacrez y du temps !

Pour écrire un roman policier il faut... des suspects et un coupable

Évidemment, pour mener le crime à bien, il faut également des suspects et un coupable ! Les suspects étant ceux qu’on soupçonne d’avoir commis le crime et le coupable étant celui qui l’a effectivement commis. Au même titre que la victime, ceux-ci doivent être intéressants à suivre. Si cette condition n’est pas remplie, le lecteur ne voudra pas mener l’enquête avec l’enquêteur.

Pour réussir, donnez des bonnes motivations à vos personnages de passer à l’acte. Renseignez vous et écrivez des personnages humains. Un meurtre ou kidnapping est un acte grave. Si la motivation humaine derrière est trop faible, cela perdra en crédibilité. Prenez l’exemple du Crime de l’Orient Express, sans vous spoiler l’histoire, on parle d’un motif de vengeance. Ratchett est tué car il s’en est pris à une enfant qu’il a tué. C’est un motif loin d’être léger. Pensez y lors de votre travail préparatoire.

Pour écrire un roman policier il faut... un enquêteur

Pour clôturer sur les personnages de votre roman, les acteurs de votre histoire, il vous faut créer un enquêteur attachant. Celui-ci travaille généralement dans le milieu policier. Il peut s’agir d’un inspecteur, d’un consultant, ou d’un détective privé. Là encore, soignez la construction de votre personnage, de ses motivations et de sa personnalité. C’est le personnage que nous allons suivre en tant que lecteurs. Il est donc important que celui-ci ne nous ennuie pas, ou ne provoque pas de sentiments négatifs en nous.

Pensez donc à tous les aspects de la vie de ce personnage. Est-il seul ? Est-il plutôt bourru ? Amical ? Quelles sont ses habitudes ? Ses relations ? Comment réagirait il dans certaines situations particulières ? Ce sont ces questions qui vous permettront de bien définir votre enquêteur et sa personnalité.

Une fois vos personnages mis en place, il faut penser aux aspects pratiques de votre crime et de son déroulement. Le plus important étant le mobile.

Pour écrire un roman policier il faut... un mobile

En criminologie, le mobile désigne la raison d’agir du criminel. Il existe plusieurs grandes catégories de mobiles, chacune présentant plusieurs raisons pour un humain de passer à l’acte. Cette liste est à connaître pour écrire un roman policier. Les voici.

  • Le mobile passionnel. Les sentiments forts comme la jalousie amoureuse, la vengeance, la colère ou encore la possessivité sont autant de raisons de passer à l’acte pour l’être humain.
  • Le mobile par intérêt matériel ou professionnel. Quelqu’un peut agir pour une histoire d’héritage par exemple. On peut également agir pour avoir une promotion professionnelle ou éliminer la concurrence. Le chantage et donc pour faire taire un témoin gênant peut aussi être une raison. Enfin, on peut commettre un crime pour cacher d’autres faits gênants comme du détournement.
  • Le mobile idéologique ou psychologique. Un tueur peut agir par plaisir ou compulsion. Il peut s’agir d’une mission personnelle que s’est fixé votre coupable. Enfin, la cause peut également être un trouble psychique, mais faites attention et faites des recherches dans ce dernier cas !
  • Le mobile social ou relationnel. La révélation d’un secret important au sein d’une famille peut être une raison d’agir pour l’assassin. A l’inverse, la protection d’un proche peut aussi être un motif important. La réputation ou les rumeurs peuvent aussi être une cause pour agir.

Il peut être intéressant d’utiliser plusieurs motifs différents et de jouer sur plusieurs axes afin de créer une histoire complexe dont les pistes se multiplient. Faites attention toutefois à ne pas vous perdre dans la rédaction de votre histoire ! Si chaque suspect possède une raison crédible d’agir contre la victime, l’enquête sera plus intéressante pour votre lecteur. De l’autre côté de la médaille, si votre victime trempait dans plusieurs affaires qui auraient pu causer sa mort (concurrence professionnelle, affaire familiale, relation tumultueuse), cela diversifie les raisons de s’en prendre à lui.

Une fois le vrai mobile choisi, il est temps de définir quels indices vont permettre de coincer le criminel ou au contraire mener le lecteur et l’enquêteur sur une fausse piste.

Pour écrire un roman policier il faut... semer des indices et des fausses pistes

Il est désormais temps de définir quels indices vont lancer les pistes qui peuvent intéresser l’enquête. Ils sont de plusieurs types et vous aideront grandement pour écrire un roman policier

  • Les indices matériels. Cela peut être un objet distinctif, des traces physiques ou des documents compromettants.
  • Les indices comportementaux. La nervosité dans un interrogatoire ou encore des souvenirs bancaux (trop ou pas assez précis) sont autant d’indices qui peuvent pointer vers un suspect. Les réactions émotionnelles trop fortes en font partie aussi.
  • Les indices temporels. Les alibis bancaux, les incohérences dans le scénario de la mort et les déclarations des suspects, les changements d’habitudes sont des indices crédibles dans une enquête.
  • Les indices relationnels. Des indices d’une liaison ou de connexions étranges entre la victime et un suspect n’ayant rien à voir avec elle peuvent aussi aider à l’enquête.
  • Les indices symboliques. Certains tueurs peuvent utiliser des symboles comme une référence à un poème, une chanson ou un livre (Ils étaient dix d’Agatha Christie en est un bon exemple). Il peut également y avoir l’implication d’un objet symbolique.

Ces indices peuvent tout aussi bien être des fausses pistes. Associez les donc à chaque suspect et pour chacun, établissez une liste d’indices. Paramétrez aussi un plan de dissémination de ces indices pour permettre au lecteur de découvrir quelque chose sur chaque suspect et maintenir le suspense. C’est une pierre angulaire de votre récit, ne la négligez pas !

A lire aussi : Le Hareng Rouge où l’art de la fausse piste dans une histoire

Pour écrire un roman policier il faut... une reconstitution finale

Enfin, pour terminer, préparez le crime en lui même. Que s’est-il passé en amont ? En aval du crime ? Au moment des événements ? Tracez la trajectoire de chaque suspect, le plan des indices et ainsi constituez le moment du crime.

Petit exemple : une victime assassinée vers 18h dans son domicile. Définissez les indices d’effraction (s’il y a), qui a été vu près de ce domicile à l’heure annoncé, les indices matériels, etc. Définissez également ce qu’il s’est passé après. Qui a quitté l’appartement ? Y’a-t-il eu des événements après coup ? Ce sont autant de questions qui vous permettent d’établir le scénario de votre crime et quelles informations seront révélées au fur et à mesure de la progression du récit. C’est ainsi que vous réussirez à écrire un roman policier contenant un crime qui se déroule de manière cohérente.

Ces six éléments sont la base pour écrire un roman policier. L’important lors du travail préparatoire est de prendre en compte ces six notions et de les soigner. Grâce à cela, vous pouvez écrire un crime passionnant et qui poussera le lecteur à enquêter aux côtés d’un personnage attachant. Et si vous deveniez la prochaine Agatha Christie ? Vous avez maintenant toutes les clés en main !

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