Écrire un roman d’horreur efficace : 5 ressorts d’horreur
Les romans d’horreur sont vraiment à part dans le monde de la littérature. Contrairement au septième art qui a l’appui des images et du son pour inspirer la peur ou le malaise. Les livres n’ont que le pouvoir des mots pour construire leur ambiance et ainsi effrayer le lecteur. par où commencer l’écriture de ce genre de roman ? Pour vous aider, voici 5 ressorts horrifiques à utiliser pour écrire un roman d’horreur et peut-être devenir le prochain Stephen King !
Qu'est-ce qu'un ressort horrifique ?
Il convient d’abord de définir ce qu’est un ressort horrifique à proprement parler. Commun à tous les arts qui racontent une histoire (cinéma, bande-dessinée, théâtre, littérature…), le ressort horrifique est un procédé narratif. Ce mécanisme a pour objectif de provoquer chez le lecteur ou spectateur une sensation de peur, de malaise, de dégoût, de tension ou d’angoisse. En autres termes, c’est une stratégie de narration qui va exploiter les peurs et l’imagination du lecteur ou spectateur pour lui faire ressentir des émotions négatives (en général la peur, le malaise ou le dégoût). C’est sur cette définition que l’on va se baser pour écrire un roman d’horreur.
Pour illustrer cette définition, prenons un exemple du cinéma. Dans le film Ça, tiré justement du roman éponyme, on utilise plusieurs stratégies narratives visant à effrayer le spectateur :
- Les peurs fondamentales. Pennywise utilise des terreurs communes à beaucoup d’entre nous (obscurité, monstres, insectes, clown).
- La menace insaisissable. Pennywise n’est jamais visible, ni capturée de quelconque manière, renforçant son aura et la menace qu’il représente.
- L’invasion de la sphère intime. La menace apparaît dans des lieux où nous sommes en sécurité la plupart du temps (maison, école…), renforçant cette impression de malaise et de peur.
- Le surnaturel ambigu. On ne sait pas d’où vient Pennywise. Étant un phénomène inexpliqué, il n’en devient que plus mystérieux, alimentant notre peur de l’inconnu.
Bien sûr, cette liste n’est pas complète et il en existe beaucoup d’autres. Ces ressorts peuvent se retrouver dans d’autres œuvres. Ce sont des procédés universels qui peuvent se trouver en littérature (Shining, Coraline), dans le cinéma (L’exorciste, Conjuring), le théâtre (Macbeth, The Woman In Black), ou encore la bande-dessinée (Locke & Key, From Hell). Toutes ces œuvres peuvent devenir des sources d’inspiration sûres pour écrire un roman d’horreur.
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Jouer sur les peurs fondamentales
Le plus élémentaire des ressorts horrifiques et un pari sûr pour écrire votre roman d’horreur est de jouer sur les peurs fondamentales humaines.
Les peurs primordiales sont des peurs communes à tout être humain. Elles sont profondément ancrées en chacun de nous et sont déclenchés par des signaux sensoriels ou informatifs. Il y en a 5 au total, les voici :
- La peur du noir et de l’inconnu. Probablement la peur la plus profonde. L’être humain déteste ce qu’il ne connaît pas. Cela stimule son imagination et il imaginera toujours le pire par préservation et instinct de survie. C’est pourquoi le noir et l’inconnu provoquent des émotions si négatives en nous.
- La peur de la mort. Toute personne a peur de disparaître pour toujours. Cette crainte est cachée au plus profond de nous mais reste présente.
- La peur des prédateurs et par extension, de plus fort que soi. Là encore, par instinct de préservation, nous allons avoir peur de nos prédateurs et de ce qui peut nous tuer ou nous fait nous sentir vulnérable. C’est le cas des tueurs en série, des lions, des serpents…
- La peur des hauteurs. Cette peur est innée. C’est également lié à l’instinct de préservation. Nous ne sommes pas faits pour les grandes hauteurs donc nous répondons négativement à l’exposition aux grands sommets.
- La peur de l’isolement. L’être humain étant une créature sociale, la peur de l’isolement est ancrée en lui. Finir sa vie tout seul est contraire à son mode de vie primaire et donc envoie un signal négatif pour le cerveau humain.
Jouez donc sur ces peurs pour écrire un roman d’horreur et vous pouvez être sûrs que vous provoquerez des sentiments négatifs chez votre lecteur ! On en trouve de bons exemples dans The Mist, The Road, ou encore Ça.
Transgresser la zone de confort
Tous les êtres humains possèdent un cadre où ils ont le contrôle, un cadre familier. Par exemple, la maison, la famille, l’école, les événements du quotidien (séances de sport, rendez-vous médical…).
Un moyen sûr de provoquer la peur et le malaise consiste à briser ce cadre. L’être humain déteste la perte de contrôle. En introduisant un élément anormal ou menaçant dans un cadre familier, on vient créer une sensation de malaise, de peur car on brise le cadre de contrôle et la sécurité établie en son sein. Inconsciemment, le lecteur se sentira lui-même mal à l’aise dans son propre cadre de sécurité.
Là encore, les exemples sont nombreux : Le Horla, Rosemary Baby, ou encore L’exorciste utilisent ce ressort horrifique.
Écrire une descente aux enfers
Pour écrire un roman d’horreur, vous pouvez opter pour une montée dramatique. Mettez en place une situation qui paraît d’abord normale, puis petit à petit, donnez de plus en plus d’indices que quelque chose ne va pas. Enfin, écrivez un climax qui choque et qui provoquera de l’horreur brute.
Écrire une descente aux enfers permet d’instaurer un climat progressif et oppressant. Le lecteur aura la sensation d’étouffer et surtout, une sensation d’impuissance. En effet, ce sentiment d’inéluctabilité joue sur sa perte de contrôle et comme il a été dit précédemment, l’humain déteste perdre le contrôle. La menace qui frappe a ainsi un poids et joue vraiment sur les sentiments négatifs du lecteur (cela peut être un meurtre donc on joue sur la peur de la mort, ou encore un événement étrange.
Shining reste à ce jour le meilleur exemple d’utilisation de ce ressort horrifique. Jack Torrance devient de plus en plus fou jusqu’à commettre l’irréparable. Créant ainsi petit à petit ce climat de doute et d’angoisse.
Utiliser le paranormal et les situations étranges
Les fantômes, les meubles qui bougent, les possessions, les morts inexplicables… Tous ces phénomènes relèvent du paranormal. Ces situations étranges provoquent le plus souvent une sensation de malaise et de peur. Mais pourquoi donc ?
Plus un sous-ressort qu’un véritable ressort horrifique, l’utilisation du paranormal et de l’inexpliqué va jouer sur la peur de l’inconnu. En effet, l’utilisation de phénomènes inexpliqués et de créatures hostiles vient actionner la peur et la perte de contrôle. Ce qui n’a pas d’explication ne peut être contrôlé. De plus, cela stimule l’imagination d’une mauvaise manière. S’appuyer sur ces événements reste un pari sûr pour provoquer la peur. Vous serez également plus efficaces en restant ambigu. Moins le lecteur en sait, plus il va imaginer des choses.
Des romans comme La maison hantée, Les démons du passé, ou Le temple des derniers jours utilisent ce ressort horrifique avec brio.
Écrire une menace concrète et invisible
Enfin, dans un autre registre, l’ajout d’une menace concrète mais invisible aux yeux des protagonistes est très efficace en matière d’horreur.
Il y a les signes visibles d’une réelle menace, d’un danger de mort pour les héros. Cela vient donc jouer sur la peur des prédateurs couplé à celle de la mort. Pourtant on ne voit jamais cette menace, permettant d’imaginer toute l’horreur de celle-ci. On vient jouer également sur la peur de l’inconnu. En tant que lecteur, cela provoque des sentiments négatifs très forts. La terreur de la situation est présente et inexpliquée. En cela, l’utilisation de ce ressort est particulièrement efficace pour écrire un roman d’horreur.
Vendredi 13, The Silent Patient et L’ombre du vent sont des œuvres qui exploitent ce ressort pour effrayer leurs spectateurs.
Et voilà ! Nous avons fait le tour de ces cinq ressorts horrifiques. Quel que soit l’angle que vous choisissez, ces cinq ressorts vous garantiront d’effrayer votre lecteur à coup sûr ! Bien entendu, il existe d’autres ressorts fonctionnant également sur la psyché humaine et qui seront tout aussi efficaces pour effrayer votre lecteur. N’hésitez pas à en utiliser plusieurs pour tirer pleinement parti de leur puissance et c’est parti pour écrire un roman d’horreur d’anthologie !
