Le Macguffin, un prétexte créatif pour lancer son histoire
Voilà un procédé qui nous vient du cinéma mais qui s’invite aisément en littérature ! Le Macguffin vous donnera un prétexte pour écrire l’histoire que vous voulez raconter ! Voyez cela comme une rampe de lancement pour votre histoire. Mettons donc toute la lumière sur ce procédé plutôt mystérieux qui nous vient du grand écran…
Qu'est-ce qu'un Macguffin en écriture ?
Le concept de Macguffin nous vient du cinéma. Définie pour la première fois en 1939 par le grand réalisateur Alfred Hitchcock, cette idée se résume comme suit.
Au studio, nous appelons ça le MacGuffin. C’est l’élément moteur qui apparaît dans n’importe quel scénario.
Pour résumer, un Macguffin est un prétexte pour développer une histoire. Il s’agit presque toujours d’un objet matériel dont on appuie l’importance au début de l’histoire. Au fur et à mesure que le scénario se développe cependant, l’objet perd de son importance pour devenir complètement secondaire voire même oublié dans les péripéties du récit.
Voici quelques exemples tirés du cinéma pour illustrer cette notion.
- Le Faucon Maltais : dans ce film de 1941, tout le monde recherche une statuette précieuse. Finalement, cette dernière n’a pas vraiment de valeur mais a alimenté une course folle et des actions plutôt palpitantes. Le film est centré sur la course en elle même et non la finalité.
- Pulp Fiction : la mystérieuse valise noire a permis un film rocambolesque mais son contenu n’est jamais dévoilé, ni important pour l’intrigue en soi.
- Star Wars, un nouvel espoir : les plans de l’Etoile noire vont motiver la première partie du film. Toutefois, leur importance s’efface peu à peu pour laisser place au vrai conflit entre les deux côtés de la force.
On peut résumer le concept de Macguffin en un proverbe : « Ce n’est pas la destination qui importe mais le voyage ». En autres termes, la finalité à moins d’importance que les aventures traversées pour y arriver.
A lire aussi : Qu’est-ce qu’une intrigue et comment la définir ?
Comment écrire un bon Macguffin ?
Si vous êtes en panne d’inspiration et ne savez pas lancer votre histoire, le Macguffin est la solution qu’il vous faut ! Toutefois, il y a quand même quelques règles à respecter pour écrire un prétexte cohérent et dont l’importance sera justement dosée.
- Définissez votre Macguffin et surtout, pourquoi vous l’intégrez. Va-t-il servir de catalyseur à l’intrigue ? Par exemple des documents top secrets qui pourraient déclencher un événement grave et qu’on doit retrouver à tout prix ? Ou va-t-il plutôt aider les personnages à avancer ? Par exemple une épée à ramener dans un royaume lointain. Votre prétexte doit être réaliste et influencer le récit, pas simplement faire acte de présence.
- Rendez votre Macguffin suffisamment intriguant sans qu’il n’écrase le récit. Entourez le d’un voile de mystère suffisamment épais pour intéresser le lecteur mais sans qu’il ne soit omniprésent dans votre histoire. Vous pouvez par exemple lui donner une importance symbolique ou bien faire en sorte qu’il divise (ou unifie) les personnages. Restez naturel dans son intégration, un Macguffin mal intégré va sembler artificiel et perdra l’intérêt du lecteur rapidement.
- Donnez un enjeu au Maguffin. Si vous ne donnez pas un enjeu qui justifie que les personnages s’impliquent pour lui, votre prétexte tombera à l’eau. Réfléchissez à comment ce dernier influence l’histoire et les personnages. Pourquoi vouloir s’en emparer ? Que sont prêts à faire les personnages pour ça ?
- Votre Macguffin ne doit pas être une solution miracle. Cela reste un prétexte et si l’objet choisi résout tous les conflits d’un coup de baguette magique, vous allez frustrer votre lecteur à coup sûr. C’est la même chose si le Macguffin est inutile et rend donc toute l’histoire derrière caduque. Donnez lui une vraie utilité mais sans réelle valeur.
- Pensez à la fin du Macguffin. Ce dernier est détruit ? Volé ? Les personnages l’ont-ils utilisé ? Comment l’objet les a changés ? Son influence perdure-t-elle après l’histoire ? Si oui, comment ? Donnez une conclusion à votre prétexte impactante et logique sans rendre toute l’histoire derrière inutile.
Grâce à ces quelques astuces, vous allez pouvoir intégrer une bonne excuse pour développer votre scénario. Attention cependant aux erreurs ! Il est facile d’en commettre avec un concept qui paraît pourtant simple de prime abord.
Erreurs à ne pas commettre
Il en faut peu pour que votre prétexte tombe à l’eau. Evitez de commettre ces 4 erreurs et votre Macguffin s’insérera parfaitement dans votre livre !
- Un Macguffin trop évident ou trop fade. Si votre objet ne montre pas son importance, votre lecteur restera dans l’incompréhension et votre histoire en pâtira. A l’inverse, si le prétexte est trop évident, votre lecteur va s’en désintéresser très vite car il paraîtra artificiel.
- Trop de détails. Conservez une aura de mystère sur votre Macguffin, si vous détaillez trop sa fabrication, son utilisation au fil des années, il perdra de sa force. Dans Le Seigneur des Anneaux, la fabrication de l’anneau unique est très peu détaillée.
- Votre Macguffin n’influence par l’histoire en profondeur. Si le prétexte ne cause aucune conséquence sur vos personnages ou votre intrigue, alors il ne sert à rien. Une excuse doit quand même être crédible et laisser sa marque. Sinon le voyage va sembler inutile.
- Votre Macguffin disparaît trop tôt. Si votre objet se perd immédiatement sans le laisser peser sur l’intrigue ou les personnages, alors il va sembler complètement inutile et surtout frustrant.
En gardant ces points de vigilance à l’esprit, vous serez en mesure d’écrire un bon prétexte pour votre roman.
Exemples de Macguffin dans la littérature
Pour terminer cet article, voici d’autres exemples de Macguffin, cette fois tirés de la littérature pour montrer que ce procédé transcende le cinéma.
- Le Trône de Fer : le trône, symbole du pouvoir, n’est finalement qu’un symbole. Ce qui importe dans le roman ce sont les intrigues politiques qui se tissent pour accéder au pouvoir.
- Dune : la capsule noire contenant des informations importantes et qui motive beaucoup de personnages ne change pas grand chose de l’intrigue et n’est qu’un objet de convoitise.
- Harry Potter : la pierre philosophale est décrite comme un objet très important pour vaincre Voldemort mais n’est pas l’objet principal de la quête du sorcier.
- L’Assassin Royal : L’âme du monde paraît central pour l’histoire mais se révèle être un prétexte pour lancer la quête initiatique de Fitz.
Ces exemples illustrent donc que le Macguffin peut être utilisé pour tous les raconteurs d’histoires, cinéastes comme écrivains.
Vous l’aurez compris, Hitchcock nous a donné le principe du moteur de scénario grâce au Macguffin. Avec la bonne maîtrise de ce moteur et en évitant les petites erreurs à commettre, vous pourrez adapter le Macguffin à la littérature et lancer de belles histoires avec un objet magique ! Comme on dit, le voyage compte plus que la destination 😉!
