Améliorer ses dialogues avec la technique des trois couches

illustration comment écrire des dialogues

Écrire un bon dialogue qui fait vibrer le lecteur est un exercice difficile pour tout auteur en herbe. Le risque que les conversations soient superficielles et peu intéressantes est présent à chaque mot. Moi-même j’ai eu beaucoup de mal à améliorer mes échanges entre personnages et il m’a fallu du temps avant d’avoir un peu plus de confiance pour les rédiger. En réalité, savoir comment écrire des dialogues n’est pas sorcier, il suffit d’analyser avec soin ce qui suscite des émotions chez le lecteur. La réponse tient en un mot : conflit. Et justement la technique du dialogue à trois couches permet d’instaurer ce fameux conflit entre les personnages avec subtilité pour garder le lecteur en haleine !

L'importance de savoir comment écrire des dialogues

Les dialogues sont une partie intégrante de votre roman. Ils sont très versatiles et vous permettent d’accomplir plusieurs objectifs importants tels que :

  • Caractériser vos personnages.
  • Développer vos personnages.
  • Faire progresser l’intrigue.
  • Donner des informations essentielles.
  • Montrer l’évolution des relations entre vos personnages.
  • Révéler les motivations de vos personnages.

Et ainsi de suite…

Le dialogue, c’est la « voix » de vos personnages et de votre histoire. Une voix sans vie ne passionnera pas le lecteur et il passera son chemin. C’est pourquoi il est important d’écrire des conversations qui montrent la portée des enjeux et qui font ressentir la tension. C’est aussi le meilleur moyen de montrer plutôt que de raconter avec la narration. Plus de détails dans mon article sur le Show don’t tell !

On comprend donc qu’un bon dialogue va rendre un roman captivant alors qu’à l’inverse, un mauvais dialogue le rendra pénible à lire. Mais comment faire la différence ?

La différence entre bon et mauvais dialogue

Bon ou mauvais dialogue, un lecteur saura tout de suite faire la différence ! Il y a des signes qui ne trompent pas et qu’il est important de connaître pour éviter d’écrire un dialogue qui sonnera artificiel.

Un mauvais dialogue :

  • Contiendra trop d’exposition.
  • Les paroles semblent forcées ou non naturelles.
  • Trop mondain ou qui aborde des sujets sans intérêt pour l’intrigue.
  • Répétitif.
  • Beaucoup trop d’indications.

C’est comme dans la vraie vie. Un bon exercice consiste à lire le dialogue que l’on écrit à voix haute. Si l’échange sonne bizarre c’est que c’est probablement un mauvais dialogue ! Un vrai échange est fluide, les gens s’interrompent, parlent plus ou moins vite, réfléchissent, ne disent pas ce qui les tracasse directement…

On peut considérer qu’un bon dialogue répondra aux critères suivants.

  • L’émotion est présente.
  • La tension peut se ressentir.
  • Caractérise le personnage sans l’expliciter.
  • Soulève des questions ou des interrogations en sous-texte.

En autres termes, un vrai dialogue fera « authentique » avec des silences, des choses qui ne sont pas dites ou encore des allusions implicites. Cela créé du drame, de la complicité, du conflit, en bref, tout ce qu’un lecteur recherche !

La technique des trois couches va nous permettre d’écrire des dialogues correspondant à ces critères avec plus de facilité.

La technique des trois couches

Un dialogue se compose de trois éléments qui se superposent et qui auront chacun un objectif précis :

  • Le dit : ce qui est effectivement dit.
  • Le non dit : le message apparent sous-jacent.
  • Ce qu’il n’est pas possible de dire : le vrai message qu’on veut transmettre.

En connaissant ces trois couches et quels sont les émotions profondes que l’on cherche à susciter. On rédigera un dialogue chargé de sens et de sous-entendus qui laissera deviner les enjeux et les conflits.

La règle d’or : moins, c’est plus. Moins le personnage en dira, plus il suggérera et le lecteur appréciera.

Le dit

La première couche et la plus superficielle, c’est le dit. Ce que le personnage dit de manière effective dans la conversation. Cela peut être une phrase anodine comme déjà chargée d’émotion. N’importe quel contexte peut se prêter à du dit. 

En règle générale, le personnage dit ce que son interlocuteur a envie d’entendre. Dans le cadre d’un dialogue d’écriture, il y aura toujours un enjeu ou un conflit qui anime la relation entre ces deux personnages (ou plusieurs). Ce conflit ne doit jamais être exposé clairement. Il doit toujours tirer les ficelles de vos interactions dans l’ombre. C’est pour cela que vos personnages ne diront jamais vraiment ce qui les tracasse. Comme dans la vraie vie, on cache les choses. Mais rien de mieux qu’un exemple pour comprendre.

Imaginons deux amis de toujours qui ont beaucoup vécu ensemble. Un jour, l’un d’eux fait une nouvelle rencontre et, pour la première fois, il passe sa soirée avec son nouvel ami plutôt que son ami d’enfance.

Conflit➡️Leur amitié tiendra-t-elle face à cette nouvelle »menace » ?

Le conflit lui-même se ramifie en plusieurs obstacles comme le comportement de la première personne. Les actes, le manque de communication, la jalousie un peu mesquine… Au travers de cet exemple un peu puéril, on peut analyser un simple échange utilisant le dialogue à trois couches :

« Alors ? Tu t’es bien amusé ? »

Voilà le dit. Passons maintenant aux deux autres couches.

Le non-dit

Le non dit, c’est ce que les mots ne transmettent pas. Au travers du langage corporel, du ton, des gestes… les personnages superposent toujours un message en plus de celui qu’ils disent.

Le détecteur de mensonges est le meilleur exemple. Lorsque quelqu’un essaie de mentir, il y a des signaux corporels qui ne trompent pas comme le pouls qui s’accélère, la respiration qui accélère également, le regard fuit ou au contraire se fixe. C’est la même chose dans les conversations de tous les jours. Quelqu’un qui essaie d’enterrer sa colère aura des gestes un peu rudes ou quelqu’un qui veut contenir sa joie va trépigner ou sourire sans s’arrêter. C’est pourquoi il est important de beaucoup jouer sur le ton et les gestes de vos personnages lors de l’écriture d’un dialogue. Ce sont des indices non négligeables pour vous aider à écrire un échange tendu.

Pour reprendre l’exemple de tout à l’heure :

« Alors ? Tu t’es bien amusé ? » lâcha-t-il sans même le regarder. Les yeux rivés sur son nouveau bracelet au bras.

Le non dit indique bien que le personnage a vu cette sortie d’un mauvais œil et est au courant de la situation. Mais c’est la dernière couche qui rend un dialogue vraiment intéressant.

Ce qu'il n'est pas possible de dire

On arrive au cœur du message. Il y a certes ce qui est dit, formalisé ou non avec des mots. Mais il y a également le message qu’on se cache à soi-même. Le message qu’on ne veut dire sous aucun prétexte car c’est trop compliqué à admettre ou à aborder.

Si le non dit c’est ce que l’on dit inconsciemment avec les gestes ou le ton. Ce qu’il n’est pas possible de dire parle de soi-même. C’est le vrai sens de notre comportement. Le vrai message que l’on veut dire. L’explication logique derrière ce que l’on dit et fait. C’est l’essence même du conflit, des peurs et des motivations de vos personnages. Ce n’est écrit nulle part. C’est uniquement suggéré, et c’est ce qui fait la force de votre histoire.

Pour reprendre l’exemple précédent :

« Alors ? Tu t’es bien amusé ? » lâcha-t-il sans même le regarder. Les yeux rivés sur son nouveau bracelet au bras. ➡️ »Je suis jaloux mais surtout j’ai peur de perdre mon meilleur ami à cause d’une nouvelle personne »

En gardant ces trois couches en tête, vous écrirez des dialogues qui suggèrent toute la force de vos conflits, de vos enjeux et qui laisseront vos personnages briller, tant par leur personnalité que par leurs actions.

Moins, c’est plus 😎

Les dialogues sont une part importante de votre futur roman. Il faut les soigner et passer du temps pour les rédiger sous peine d’avoir un roman fade et des personnages sans intérêt. Le dialogue sert beaucoup d’objectifs et il est d’autant plus important d’écrire de bons échanges car c’est l’élément que le lecteur remarquera en premier. Un soin particulier doit donc être porté à sa rédaction. Heureusement, des méthodes et des outils existent pour se faciliter la tâche et la technique du dialogue à trois couches en fait partie. En la respectant bien, vous écrirez des dialogues captivants pour tenir vos lecteurs en haleine et ainsi améliorer votre façon d’écrire ! Moins, c’est plus !

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